Québec

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Témoignage de Michel Lucier

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Michel Lucier
Délégué général du Québec
de 1997 à 2000

Les années passent vite entre Français et Québécois…


Depuis cinquante ans, au centre des relations de gouvernement à gouvernement entre la France et le Québec, le Délégué général du Québec à Paris a comme métier de faire connaître son pays. La passion essaie de le faire aimer. J’ai eu la chance d’exercer ce métier du 1er juin 1997 au mois d’octobre 2000.

Je retiens d’abord de ces années le développement de la relation France-Québec dans tous les domaines de l’activité humaine. Ponctuées de gestes d’amitié qui incarnent cette extraordinaire affaire de cœur entre la France et le Québec, ces années sont marquées pour moi par l’exceptionnelle entente que nous valent, tout à la fois, une longue familiarité et un même désir d’affronter ensemble les réalités nouvelles du monde.

Cette volonté de rechercher de nouvelles convergences n’a été possible que par la reprise systématique des rencontres des chefs de nos deux gouvernements. J’ai pu en être témoin à tous les niveaux de l’État, au-delà des clivages normaux de la vie politique. J’ai pu accompagner M. Juppé et M. Jospin au Québec et accueillir M. Bouchard trois fois en France. À chaque fois que l’occasion lui en est donnée, la France manifeste son amitié et sa solidarité. À chaque fois, ces rencontres ont orienté la coopération vers les convergences d’aujourd’hui : le secteur de la santé, les nouvelles technologies, l’économie sociale ou l’économie du savoir. La coopération a cessé de parler d’équivalence de diplômes pour aborder plutôt la reconnaissance des diplômes, la co-tutelle de thèses ou la bi-diplomation. De cela, je me souviens.

La deuxième chose que je retiens c’est ce capital de sympathie que le mot Québec éveille sur tout le territoire français. N’importe quel représentant du Québec en France doit avoir la simplicité et l’humilité de le reconnaître : cela ne dépend pas de lui! Ce capital a été façonné par d’autres : … Leclerc, Vigneault, Charlebois, Plamondon (rappelons-nous la création de Notre-Dame de Paris en l998 --- Rappelons-nous le spectacle de Céline Dion au Stade de France en 1999) Isabelle Boulay, Anthonay Kavanah, Marie Laberge, Robert Lepage, etc. ont inscrit pour toujours dans l’imaginaire français que la culture québécoise existe en elle-même.

Sans ce terreau fertile, la conception même du Printemps du Québec en France n’aurait pas pu être la même. Lancée à Québec en décembre 1998 en présence des deux Premiers ministres par une illustration de Robert Lepage « LE FEU SOUS LA GLACE », cette Saison du Québec en France demeure la plus grande manifestation culturelle du Québec à l’étranger. Grâce à elle le Québec a pu être l’invité d’honneur du Salon du Livre de Paris. C’est grâce à elle si le Québec a été présent en 1999 dans 70 villes en dehors de Paris et surtout par des semaines entières où il a eu « carte blanche » à Lille, Lyon, Bordeaux et Strasbourg.

Je retiens que ces liens sur le territoire ont été scellés d’une façon particulière par la signature de conventions de collaboration spécifiques entre la Délégation Générale et six régions de la France : Rhône-Alpes, Nord -Pas-de-Calais, l’Auvergne, Poitou-Charentes, l’Aquitaine et l’Alsace. La Délégation Générale marquait clairement une première ouverture vers la Coopération décentralisée.

Pour moi, ce capital de sympathie sur le territoire a une explication supplémentaire : elle a un nom : L’Association France-Québec. 5000 membres sur le territoire dont l’ambition est de faire connaître et aimer le Québec. Une association dont les liens avec la Délégation se sont spécialisés au cours de ces années-là. Elle est devenue notre premier partenaire pour l’information et la sensibilisation sur l’immigration et pour l’organisation des tournées de nos écrivains et de nos poètes. Elle fut un partenaire régional pour l’établissement de clubs d’affaires et de rencontres industrielles nous permettant alors de briser partout le secret le mieux gardé de l’Hexagone : La coopération économique entre la France et le Québec n’est pas un vœu pour l’avenir, mais une réalité actuelle.

Très peu d’ambassadeurs à Paris pouvaient mobiliser 5000 consuls sur le territoire.

Je retiens enfin un troisième aspect : c’est notre partenariat au sein de la Francophonie au cours de la préparation et du suivi de trois Sommets des Chefs d’État et de Gouvernement : Une volonté commune de la France et du Québec d’ouvrir la Francophonie aux nouvelles technologies lors du Sommet de Cotonou. La tenue de la première conférence des ministres responsables des Inforoutes à Montréal en sera une des suites visibles en l997. La réforme politique de l’Organisation Internationale de la Francophonie et la création du poste de Secrétaire Général lors du Sommet de Hanoi et l’ouverture vers la coopération économique lors du même Sommet. Enfin la décision ferme de la Francophonie de faire de la diversité culturelle le dossier politique majeur entre le sommet de Moncton et celui de Beyrouth. Jamais le partenariat entre la France et le Québec ne s’est démenti. Ces combats, nous les avons menés ensemble.

Certes au cours de ces années j’avais parfois le goût de rappeler à la France qu’il y avait là-bas un rameau séparé du tronc. Que ce rameau était devenu un arbre qui avait construit seul son destin en Amérique. Qu’aujourd’hui, ensemble, la France et le Québec pouvaient peut-être cueillir quelques fruits de cet arbre dans leur intérêt. Que demain, cette coopération doit continuer à se moderniser, sinon elle ne sera pas. Si je ne l’ai pas dit à l’époque… le 50e anniversaire est l’occasion rêvée pour le faire…

Le temps passe vite entre Français et Québécois quand cela devient une passion…

Concours C'est ta fête!

En vidéo, les internautes souhaitent joyeux anniversaire à la Délégation générale.

 

Le Québec en chansons

La Délégation générale du Québec à Paris célèbre la chanson québécoise en partenariat avec France Bleu!

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