« Aujourd'hui, nous écrivons une
page d'histoire. Ce premier geste de
nouvelle ère de partenariat entre
nos deux gouvernements touche à la
question internationale. Ce qui
était une coexistence implicite
devient une coopération explicite. »
M. Jean
Charest, premier ministre du Québec,
le 5 mai 2006
L’Accord du 5 mai 2006 entre le
gouvernement du Québec et le
gouvernement du Canada relatif à
l’Organisation des Nations Unies
pour l’éducation, la science et la
culture (UNESCO) consacre des gains
et des précédents qui le situe parmi
les actes déterminants de l’histoire
des relations internationales du
Québec.
Une
reconnaissance sans précédent
Son caractère historique découle
d’abord de la reconnaissance
explicite dans le texte de l’accord
« que la spécificité du Québec
l’amène à jouer un rôle particulier
au niveau international ». Cette
reconnaissance vaut à l’égard de
tous les partenaires internationaux
du Québec. Il ne s’agit pas d’un
simple changement de ton, mais d’un
changement d’époque.
Une première
: le Québec dans une organisation
des Nations Unies
L’Accord est également historique
parce qu’il établit, pour la
première fois, un rôle formel pour
le Québec au sein d’une organisation
des Nations Unies. Il donne suite à
une demande formulée par tous les
gouvernements du Québec qui se sont
succédés au cours des quatre
dernières décennies. La présence du
Québec de plein droit au sein de la
Délégation permanente du Canada
auprès de l’UNESCO est désormais
acquise : le Québec peut y exprimer
sa propre voix.
Un
représentant permanent
L’entente prévoit la nomination
d’un Représentant permanent du
Québec au sein de la mission
canadienne à l’UNESCO et désigné
officiellement comme tel. Une
nomination qui est faite par le
gouvernement du Québec. Sa présence
physique dans la mission canadienne
est essentielle pour trois raisons :
premièrement, pour garantir son
accès immédiat à tous les documents
officiels transmis par l’UNESCO,
deuxièmement, pour être en mesure de
prendre part, en temps réel, à la
concertation que l’Accord institue
entre le gouvernement du Québec et
le gouvernement du Canada avant tout
vote ou prise de position du Canada
et troisièmement, pour bénéficier du
statut diplomatique de vote aux
représentants des gouvernements
auprès des organisations
internationales.
Un droit de
parole dans toutes les instances de
l’UNESCO
Ce représentant permanent du
Québec à l’UNESCO est au quotidien,
la cheville ouvrière, de
l’implication du Québec à l’UNESCO.
Il est cependant loin d’être le seul
à pouvoir intervenir au nom du
Québec lors des conférences, des
travaux et des réunions de cette
organisation. L’Accord précise en
effet que le Québec est représenté « à
part entière et selon son désir »
au sein de toutes les délégations
canadiennes, à toutes les instances
de l’organisation. Dès qu’il le juge
à propos et que les circonstances
l’exigent, le gouvernement peut se
faire représenter par un membre du
Conseil des ministres habilité à
livrer le message québécois. De
plus, le droit de parole du Québec
est garanti, à même le temps imparti
au Canada.
Selon les règles du droit
international, c’est l’ambassadeur
du pays accrédité auprès de
l’organisation qui assure le rôle de
chef de mission. C’est pour cette
raison que l’Accord évoque la « direction
générale de l’ensemble de la mission
canadienne » confiée à
l’ambassadeur canadien. La position
québécoise demeure quant à elle
élaborée selon les indications du
ministère des Relations
internationales en coordination avec
les ministères sectoriels concernés.
Un mécanisme
sans précédent de concertation
Les gouvernements qui se sont
succédés à Québec ont toujours
martelé leur souhait d’être
consultés préalablement aux
interventions du Canada dans les
enceintes multilatérales. L’Accord
indique que les deux gouvernements
« se concerteront sur tout vote,
toute résolution, toute négociation
et tout projet d’instrument
international élaborés sous l’égide
de l’UNESCO ».
Autre
précédent : le gouvernement fédéral
doit expliquer son désaccord
Autre question importante,
l’Accord aborde l’hypothèse où le
consensus ne serait pas au
rendez-vous. Le mode de gestion
d’une éventuelle divergence revêt
d’ailleurs un grand intérêt : le
fardeau de sa justification incombe
alors au gouvernement fédéral. C’est
lui qui doit s’expliquer au Québec
et non l’inverse. En cas d’impasse,
le gouvernement du Québec « décide
seul s’il entend assurer la mise en
œuvre des questions pour lesquelles
il a la responsabilité ». Cette
faculté de mettre en œuvre ou non un
engagement international dans ses
domaines de responsabilité forge,
rappelons-le, la clef de voûte des
relations internationales du Québec.
L’Accord cristallise ce fondement
juridique et en formalise son
acquiescement par le gouvernement
fédéral. Le Québec a toujours
prétendu que son assentiment demeure
incontournable à la mise en œuvre.
L’Accord respecte scrupuleusement ce
point de vue.
Un siège
québécois à la Commission canadienne
pour l’UNESCO
L’Accord confie finalement au
Québec le soin de « mettre en
place un mécanisme chargé de
consulter les experts québécois,
tant gouvernementaux que de la
société civile ». Le fruit de
ces consultations est transmis par
le gouvernement du Québec au
gouvernement fédéral et à la
Commission canadienne pour l’UNESCO
qui voient à les refléter dans les
rapports transmis à l’UNESCO. De
plus, un représentant du ministère
des Relations internationales du
Québec siège désormais au Comité
exécutif de la Commission canadienne
pour l’UNESCO : un autre précédent.
Une entente
historique et des gains pérennisés
Il importe enfin de garder
l’essentiel à l’esprit : l’Accord
officialise la reconnaissance du
rôle international du Québec par le
gouvernement fédéral. Il repousse de
surcroît les frontières de ce rôle :
pour la première fois, on consacre
le droit du Québec de faire entendre
sa voix au sein d’une organisation
des Nations Unies.
Consultez l'Accord Québec-Canada sur l'UNESCO
(PDF, 122 Ko)
Communiqué – Ministère des Relations
internationales
Communiqué – Cabinet du premier
ministre
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